J (lettre)
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| Hiéroglyphe égyptien D36 avant bras |
Y proto-sémitique | Y phénicien | iota grec | I étrusque | J romain | ||
| Évolution probable du graphème | |||||||
Histoire
Pour les chiffres, c'est une forme ornée de la lettre i[1], utilisée en chiffres romains à la fin des nombres quand elle suivait un autre I, comme dans XXIIJ au lieu de XXIII. Un usage distinct du J émergea en moyen haut allemand. Il est confondu avec cette lettre jusqu’au XVIe siècle[2]. Cette invention médiévale, employée comme une sorte de « i cédille », dans les documents commerciaux, les contrats (qui à travers l’Europe se font en latin), etc., pour écrire un nombre et éviter la fraude : vij (7) remplace vii ; la graphie ne dénote alors aucun son particulier.
Elle est adoptée ensuite dans la tradition scolastique (et ecclésiastique) française pour écrire les mots latins qui donneront un mot français avec la prononciation J /ʒ/ et, par extension, tous les mots comportant un I antéposé devant une voyelle, c'est a dire un I consonne.
Antonio de Nebrija en 1517, par son ouvrage « Règles d'orthographe en langue castillane »[3], puis Gian Giorgio Trissino en 1524, par ses « Épîtres sur les lettres nouvellement ajoutées à la langue italienne »[4] sont les premiers à avoir fait adopter l'usage de la lettre J dans leurs pays respectifs. Elle a ainsi permis de différencier les sons J /ʒ/ et I /i/ qui s'écrivaient tous les deux I dans l'alphabet latin.
En France, en 1545, dans son « Traité touchant le commun usage de d'écriture française[5] », le grammairien Louis Meigret préconise de conserver l'utilisation de la lettre I, en l'allongeant un peu, pour représenter le son J /ʒ/ : « Nous usons aussi de l'I consonne, et de la même figure que la voyelle: toutefois, qui voudrait rendre notre écriture parfaite, il la faudrait aucunement diversifier, et la tenir quelque peu plus longue ». Il propose également, dans le même ouvrage, d'utiliser le I à la place du G quand il est utilisé avec le son J /ʒ/ comme dans « ange » ou « mangeons ».
En 1550, dans son « Traité de la grammaire française[6] », Louis Meigret note la spécificité de la lettre I utilisée en tant que consonne qu'il mentionne comme I long pour le différencier de l'I bref : « Or quant à celles que fait l'I avec les autres voyelles, il faut noter que l'J long tant précédant que subséquent à une autre voyelle ne fait jamais diphtongue, exceptés les pluriels de quelques noms comme huy, puy, huis, puis, là où étant bref, il fait toujours diphtongue comme fier, fiancé, gieres, pierre, pié piu, venions, allions et tout autres prétérits imparfaits qui empruntent cette terminaison toute entière… ». Il précise également, dans ce même ouvrage, l'usage et la prononciation qu'il lui réserve, sans le dissocier totalement du I : « reste encore J consonne, à laquelle je donne la double proportion de celle qui est voyelle, et lui rends la puissance en mon écriture, que l'abus de la prononciation latine et grecque, et subséquemment de l'écriture française, lui ôte pour la lier au G avant E et I ».
Toutefois en 1557, dans son nouveau « Traité de la grammaire française[7] », l'imprimeur et lexicographe Robert Estienne confirme que l'alphabet en usage en France ne comprend toujours que 22 lettres, sans le J ni le V qui se confondent respectivement avec les voyelles I et U.
En 1562 Pierre de La Ramée propose dans sa « Grammaire » une réforme de l'orthographe avec les graphies I pour la voyelle et J pour la consonne (ainsi que les graphies U pour la voyelle et V pour la consonne ). Les lettres J et V sont donc dites ramistes.
Mais il faut attendre la 4e édition du Dictionnaire de l’Académie française[8], en 1762, pour y voir apparaître officiellement la consonne J comme distincte de la voyelle I.
Prononciation
En français, J est une consonne fricative se prononçant [ʒ] ⓘ, comme dans « joue » ou « jardin ». Elle se prononce parfois [d͡ʒ] dans des mots empruntés à l’anglais tels que « jet-ski » ou « jazz ».
Dans l’alphabet phonétique international, [j] représente une consonne spirante palatale voisée, c'est-à-dire le son mouillé du ill dans « Castille », du y dans « voyez » et du i dans « Batelier ».
Dans de nombreuses langues, J se prononce [j] : dans la plupart des langues germaniques (allemand, suédois, etc., à l’exception notable de l’anglais), dans les langues baltes (lituanien, letton), les langues slaves (tchèque, polonais, slovène…) et ouraliennes écrites en alphabet latin (finnois, estonien, hongrois), en italien, en albanais, en espéranto…
Il se prononce [ʒ] (comme en français) entre autres en roumain, turc, catalan, azéri, breton et portugais.
J représente le son [d͡ʒ] notamment en anglais et en occitan, mais aussi en igbo, indonésien, pandunia, shona, turkmène et zoulou.
En malgache il représente le son [d͡z] ainsi que dans certains parlers occitans.
En espagnol, J se prononce [x].
En hanyu pinyin (méthode de transcription du mandarin), il est utilisé pour [t͡ɕ].
Codage
Informatique
| Lettre | J | j | ||
|---|---|---|---|---|
| Nom Unicode | Lettre capitale latine J | Lettre minuscule latine J | ||
| Encodage | décimal | hexadécimal | décimal | hexadécimal |
| ASCII, ISO 8859, Unicode | 74 | 4A | 106 | 6A |
| EBCDIC | 209 | D1 | 145 | 91 |
Radio
| Fichier audio | |
| J en code morse | |
| modifier |
- Épellation alphabet radio
- international : Juliet
- allemand : Julius
- Alphabet morse dans lequel la lettre J vaut «
·---»
Autres
| Signalisation | Langue des signes | Écriture Braille | ||
|---|---|---|---|---|
| Pavillon | Sémaphore | française | québécoise | |
