KV64

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KV64[note 1] est le nom donné au dernier hypogée (tombeau souterrain) découvert dans la vallée des Rois. C'est un puits funéraire donnant sur une seule pièce d'environ 4,1 × 2,35 mètres.

EmplacementVallée des Rois
Découverte2011
DécouvreurSusanne Bickel et Elena Grothe
Faits en bref Tombeaux de l'Égypte antique, Emplacement ...
KV64
Tombeau d'un inconnu, puis Nehmès Bastet
Tombeaux de l'Égypte antique
Image illustrative de l’article KV64
Plan de la tombe
Emplacement Vallée des Rois
Coordonnées 25° 44′ nord, 32° 36′ est
Découverte 2011
Découvreur Susanne Bickel et Elena Grothe
Fouillé par Susanne Bickel et Elena Grothe
Dimensions
Hauteur maximale m
Largeur maximale 2,35 m
Longueur totale 4,1 m
Classement
Vallée des Rois - KV64 +
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Découverte

Le 25 janvier 2011, lors des fouilles archéologiques menées par l'équipe d'archéologues suisses dirigée par Susanne Bickel et Elena Paulin-Grothe dans le cadre du projet « Vallée des Rois » de l'université de Bâle, la pose d'une plaque de fer protectrice sur le puits de la tombe KV40 révéla les contours d'un autre puits, situé à 1,8 mètre au nord de celle-ci[1],[2]. Compte tenu de sa petite taille (environ un mètre sur deux mètres) et de sa proximité avec la tombe voisine, on a d'abord pensé qu'il s'agissait d'un dépôt funéraire ou d'un puits inachevé. La découverte fut alors provisoirement désignée « KV40b ». En raison de son caractère exceptionnel et de son contexte historique (elle coïncidait avec le début de la révolution égyptienne de 2011), le puits fut recouvert d'une plaque métallique en attendant les fouilles de la saison suivante[1]. Les fouilles reprirent début janvier 2012 et il devint rapidement évident qu'il s'agissait d'une tombe ; la découverte fut officiellement annoncée le et la tombe reçut la désignation KV64[2],[3].

Architecture

La tombe se compose d'un puits étroit d'environ un mètre de large sur deux mètres de long et de 3,5 mètres de profondeur, menant à une seule chambre de 4,1 mètres de long et 2,35 mètres de large, d'une hauteur d'environ deux mètres. L'entrée était obstruée par des pierres empilées, mais non scellées. Cette obstruction n'était manifestement pas d'origine, car elle reposait sur une ancienne couche de plâtre ; un récipient en argile datant de la XVIIIe dynastie, contenant de la boue du Nil utilisée pour le plâtre de l'obstruction d'origine, a été retrouvé au pied de l'entrée[2].

Contenu

La chambre était remplie de débris sur une épaisseur d'environ un mètre. Au fond de la chambre, reposait intacte la sépulture de Nehmès Bastet, chanteuse de la XXIIe dynastie ; sa stèle funéraire en bois peint était posée contre le mur, près du cercueil. Parmi les débris se trouvaient les restes d'une sépulture de la XVIIIe dynastie, pillée par le passé : des fragments de canopes, deux bouchons, des fragments de cercueils et de cartonnage, du verre, de la faïence, du cuir, des éléments de mobilier et les restes d'une momie non emballée, probablement ceux de l'ancien propriétaire. On a également retrouvé un fragment de plaque en bois portant le nom d'une princesse nommée Satiâh. On ignore si cette plaque appartenait à la femme pour laquelle la tombe avait été construite. La présence d'un ostracon de l'époque ramesside et de fragments de mobilier mentionnant Amenhotep III est de pertinence incertaine ; des objets similaires ayant été trouvés ailleurs, on suppose qu'il s'agit de vestiges d'un pillage ancien. La tombe était visiblement restée ouverte pendant un certain temps avant l'inhumation de Nehmès Bastet, comme en témoignent plusieurs nids de guêpes et des débris partiellement imprégnés d'eau[2],[4].

Occupants

XVIIIe dynastie

On sait très peu de choses sur la momie de la XVIIIe dynastie, retrouvée démembrée dans la tombe, bien que les analyses aux rayons X aient révélé qu'il s'agissait d'une femme d'âge mûr (environ 40 ans)[5],[6]. Si les fragments de mobilier portant le nom d'Amenhotep III et la plaque mentionnant une princesse sont bien originaires de cette sépulture et n'ont pas été déplacés par des inondations ultérieures (des débris pourraient provenir notamment de la tombe voisine KV40), on peut identifier la défunte comme une princesse ayant vécu sous le règne d'Amenhotep III. Le style des deux couvercles de vases canopes confirme également cette datation[7].

Il est cependant certain que la tombe a été pillée dès le Nouvel Empire ; lors des activités de sauvegarde des momies royales par les autorités thébaines à la toute fin de la XXe dynastie et de la XXIe dynastie, un certain nombre d'entre elles a été regroupé dans des cachettes (dont TT320 à Deir el-Bahari). Cependant, la momie de KV64 n'en faisait visiblement pas partie ; la raison en est cependant inconnue (tombe perdue ? statut de la défunte trop bas ?).

XXIIe dynastie

À l'époque de Nehmès Bastet, environ cinq-cents ans après la première inhumation, la vallée des Rois n'est plus utilisée pour enterrer la famille royale et la plupart des caveaux qu'elle abritait ont été pillés depuis longtemps. La tombe réutilisée par la chanteuse d'Amon n'a d'ailleurs pas échappé à ce pillage en règle. Cette découverte est importante car elle montre que la vallée des Rois était aussi utilisée pour enterrer des personnes ordinaires et des prêtres. Cependant, ce n'est pas la première fois que l'on découvre des femmes d'ascendance non royale de la XXIIe dynastie dans la vallée des Rois (fouilles Loret et Carter).

Lors de l'entrée dans la tombe en 2011, les archéologues ont découvert un cercueil en bois et une stèle placée près du mur, face à la tête du cercueil ; l'ensemble était situé sur une couche de pierres recouvrant la précédente inhumation, ceci afin d'y déposer le cercueil de Nehmès Bastet. La momie contenue dans le cercueil appartient à une prêtresse, la « chanteuse d'Amon-Rê », Nehmès Bastet ; il s'agissait d'une femme d'une vingtaine d'années mesurant 1,55 mètre. Elle était la fille de Nakhtef-Mout, un prêtre d'Amon qui occupait le poste de « Celui qui ouvre les portes du ciel » au grand temple d'Amon de Karnak. La stèle en bois, (27,5 × 22,5 × 2 cm), représente Nehmès Bastet adorant une divinité composite, aux attributs à la fois de et d'Osiris[8].

Autres utilisations du nom « KV64 »

La mise au jour d'une nouvelle tombe dans la vallée des Rois était annoncée depuis longtemps et basée soit sur les indices collectés sur le terrain lors de fouilles récentes, notamment à la suite de la découverte de la KV63 en 2006, soit par des études du terrain plus anciennes produisant des hypothèses de recherche qui méritent d'être vérifiées sur place.

Hypothèse de Reeves

Depuis la mi- la vallée des Rois faisait l'objet d'une nouvelle polémique. Selon l'archéologue britannique Carl Nicholas Reeves, la vallée abriterait un nouveau tombeau qui n'aurait pas encore été mis au jour.

Reeves s'appuie sur une étude radar menée en l'an 2000 dans le cadre du Projet Amarna Royal Tombs[9]. Ces données radar lui auraient permis de repérer cette nouvelle tombe qu'il baptise KV64, proche de celle de Toutânkhamon la KV62, ainsi que de la tombe KV63 dont il revendique d'ailleurs la découverte depuis le .

Reeves affirme que son équipe avait déjà repéré la tombe KV63 lors de l'étude radar en 2000, il indique  :

« En raison du puissant intérêt suscité par KV63, j'ai conclu que la meilleure option était non seulement de révéler l'existence apparente de cette deuxième tombe (KV64), mais aussi son exacte localisation. »

Il affirme par ailleurs que « son but n'est pas de revendiquer un prix », mais « d'alerter le monde sur le potentiel immense restant dans la vallée des Rois, en dépit de deux siècles de graves abus archéologiques ».

Il poursuit :

« Les lectures radar produites par notre équipement étaient uniformément fortes et impressionnantes, encore plus que les données qui en 2000 ont alerté ARTP de l'existence de KV63. »

Des analyses faites par Hirokatsu Watanabe, spécialiste en radar, confirment qu'il semble presque certain que les nouvelles données identifient la présence d'un autre tombeau à une profondeur assez importante.

Ce tombeau pourrait s'avérer être une trouvaille de plus grande importance que KV62 (Toutânkhamon) et KV63. Reeves pense qu'il est susceptible d'abriter un autre enterrement de la période amarnienne. Mais il précise que son existence est à ce stade loin d’être avérée car aucune fouille n’a été entreprise.

Il est clair que le radar de l’ARTP a indiqué un vide dont l’explication dans une nécropole ne peut être qu'une tombe. Il pense que la tombe, devrait être antérieure à la tombe de Toutânkhamon. Qu'elle pourrait être le lieu d’inhumation d’une ou plusieurs reines d'Amenhotep IV/Akhenaton, peut-être la tombe de Néfertiti elle-même.

François Tonic, rédacteur en chef de Toutankhamon magazine, qui avait réalisé une interview[10] de l'archéologue dit :

« Son annonce ne s'appuie pas sur une découverte, mais sur une supputation établie à partir d'analyses radar. Lesquelles montrent qu'il y a une anomalie dans le sol, assez profondément enfouie, qui pourrait correspondre à une tombe ou une cachette. On connaît très mal la vallée des Rois. Elle abrite en majorité des petits tombeaux et leurs fouilles n'ont jamais été faites entièrement. »

Le problème est que Zahi Hawass, l'ex-patron du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, refusait de reconnaître la trouvaille.

Selon lui :

« Tout le monde peut raconter ce qu'il veut. M. Reeves s'est déjà livré dans le passé à ce genre de spéculations et cherche à attirer l'attention sur lui. »

Les relations entre Reeves et Hawass sont devenues tendues depuis que Reeves dirigeait en 1998 dans la vallée des Rois un vaste projet d'études géophysiques, le « Projet Amarna Royal Tombs ». Son permis a été révoqué en 2002 après une accusation infondée d'implication dans un trafic d'antiquités.

Bien qu'innocenté, il n'a toutefois jamais obtenu du Conseil des antiquités le droit de reprendre ses recherches. Reeves est pourtant largement reconnu dans la profession comme un spécialiste de la vallée des Rois et de la période dite amarnienne.

Une mission égyptienne fouille actuellement près de la tombe de Mérenptah (KV8), pour valider (ou non) l'hypothèse de Reeves[11].

De son côté Zahi Hawass qui entreprend alors de nouvelles prospections dans la nécropole se met lui-même à la recherche de la KV64 selon ses propres recherches.

Depuis, la révolution de 2011 a mis en veille les polémiques et les fouilles qui se poursuivent ont réglé la question avec la découverte récente de l'université de Bâle et quoi qu'il en soit la prochaine tombe qui sera découverte dans la vallée se nommera désormais KV65, ce qui sera fait avec la découverte d'une nouvelle tombe en 2018 dans la vallée secondaire nommée vallée des Singes.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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