Josué Lifshitz
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Josué (Yehoshua) Lifshitz dit Champagnac dans la Résistance, né le à Kherson, Ukraine et mort le , à Ivry-sur-Seine, Val-de-Marne, est un Juif français, membre de la Résistance.
Palestine
Josué Lifshitz est né le à Kherson, Ukraine[1]. Il est le fils de Avraham Lifshitz et de Sarah-Rivka Khayenko Lifshitz[2]. Avraham Lifshitz est né en 1871 en Biélorussie et est mort le à Tel Aviv en Palestine mandataire[3]. Sarah Rivka Khayenko Lifshitz est née en 1876 à Kakhovka en Ukraine et est morte le à Tel Aviv en Palestine mandataire[4]. Il fait partie d'une fratrie de sept enfants.
En 1912, la famille Lifschitz immigre en Palestine. Les parents de Josué Lifshitz comptent parmi les fondateurs de Tel-Aviv[1].
Première Guerre mondiale
Durant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé dans l'armée turque. Il déserte, à la suite de la déclaration du ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Arthur Balfour, qui annonce que le Royaume-Uni est disposé à créer en Palestine un "foyer national juif". Il s'engage avec son frère, dans l'armée britannique. Il fait partie de la First Royal Jewish Fusillers du général Edmund Allenby. Il est décoré de la British War Medal et de la Victory Medal[1].
Retour à la vie civile
En , il retourne à la vie civile. Il obtient un baccalauréat à Tel-Aviv[1].
Arrivée en France
Josué Lifshitz s’installe en France en . Il étudie à la faculté des Sciences de Paris, de 1920 à 1924. Il obtient une licence de mathématiques puis un diplôme d’ingénieur électricien[1]. Le , il débute comme ingénieur au bureau d'étude de la société Force et Lumière électriques, 67 rue de Dunkerque à Paris. Le , il est promu chef de service. Il habite à Montmorency. Il est naturalisé français par décret du [1].
Seconde Guerre mondiale
Il est mobilisé en comme responsable du service électrique de la poudrerie de Sevran-Livry. En , la poudrerie est repliée à Saint-Médard-en-Jalles près de Bordeaux. Il est démobilisé en . Ne pouvant rejoindre Paris, il se rend à Rodez où il possède un atelier de fabrication de petit appareillage électrique[1].
Lyon
À Lyon, il y rencontre des amis parisiens, Albert et Anny Levy (Anny Latour[5]). Par eux, il entre en relation début 1942 avec le pasteur Idebert Exbrayat (reconnu Juste parmi les nations en 1979[6], et le , la médaille lui est remise par le consul d’Israël à la mairie de Calvisson[7]). Josué Lifshitz aide à placer dans des fermes des Juifs en difficulté et fabriquer des faux papiers. Il prend la fausse identité d’Henri Robert Champagnac. Par ses contacts dans les préfectures et les mairies, il obtient des cartes d'alimentation et arrive à prévenir et à faire évader un grand nombre de personnes menacées d'arrestation[1].
La Sixième
En , par l'intermédiaire du pasteur Exbrayat, il rencontre Raymond Winter et Marcel Gradwohl, membres de la Sixième, organisation clandestine mise en place par les Eclaireurs israélites de France. Winter et Gradwohl présentent Josué Lifshitz à Robert Gamzon et Georges Garel qui lui demandent de rejoindre la Sixième "adultes". Dans ce cadre, il fait évader des internés du Camp de Gurs et du Camp de Rivesaltes et les dirige vers la Zone d'occupation italienne en France et vers l'Espagne. Au sein de la Sixième, Josué Lifshitz devient chef de la section "adultes" pour la région de Rodez. La section Jeunes est dirigée par Sylvain Richter[1].
Le Groupe de Limoges
Recherché par la police à Rodez, il se rend à Toulouse, où il retrouve Anny Levy. il rejoint l’Armée juive, à la suggestion d'Anne Levy[8]. Il est instructeur militaire puis chef du corps-franc à Limoges, en . L’instruction militaire se déroule à Poulouzat, village de la commune de Condat (Haute-Vienne), près de Limoges, où Josué Lifshitz dispose d’une mitrailleuse. Après instruction, les recrues vont à Toulouse avant de rejoindre le corps franc de la Montagne noire ou l’Espagne[9].
En , son assistante pour la région de Périgueux, Annie Berger, sous surveillance policière, lui demande son remplacement. Il alors à Périgueux avec Sylvain Richter, responsable de la Sixième Jeunes. Le , Josué Lifshitz est arrêté à Périgueux par la 20e Brigade régionale de Police de Sûreté. Sylvain Richter, Jeannine Bloch et Edgard Perdreau sont également arrêtés. Le , ils sont internés administrativement à la maison d’arrêt de Périgueux dans l’attente d’être présentés au Parquet. Lors de son interrogatoire, Josué Lifshitz dit s’occuper par charité des enfants juifs dont les parents ont été déportés. Condamné par le tribunal de Périgueux à quatre mois de prison pour faux et usage de faux en matière de carte d’identité, il est libéré de la prison de Périgueux le par des FFI du groupe Soleil. Il reprend immédiatement du service comme capitaine FFI à Limoges puis se rend à Paris[1].
Après la Guerre
Paris
Après la libération de Paris, Josué Lifshitz devient directeur général adjoint du COJASOR (Comité juif d’action sociale et de reconstruction). Il s’occupe du retour des déportés à l’hôtel Lutetia. Recruté par Abraham Polonski, ancien chef de l’Armée juive, il participe ensuite à l’exfiltration clandestine des Juifs du Maroc vers Israël. En 1949, il démissionne pour s’occuper de sa famille et de ses affaires[1].
Josué Lifshitz est homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF) le [1].
Famille
Josué Lifshitz est l'époux de Janine Lifshitz (née Kahn), née le à Marseille et morte le à Paris. Ils ont 2 filles, Danielle Malka et Anne L Krams[10]. Josué Lifshitz avait pour épouse, en premier mariage, dont il divorce, Lucienne Germaine Thillard, née le à Thouars, (Deux-Sèvres), et morte en à Sète (Hérault)[11].
Mort
Josué Litschitz est mort le à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne)[1].
Bibliographie
- Anny Latour, La Résistance juive en France, Stock,
- Georges Loinger, Les Résistances juives pendant l'occupation, Albin Michel, (ISBN 2226387455 et 9782226387455)