Léon Israël

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Décès
(à 38 ans)
Mâcon
Nationalité
Léon Israël
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Biographie
Naissance
Décès
(à 38 ans)
Mâcon
Nationalité
Plaque commémorative.

Léon Israël aussi appelé docteur Israël, né le à Kœnigsmacker et mort assassiné par la Milice de Lyon le à Mâcon est un médecin, résistant et Juif français. Avant la Seconde Guerre mondiale, il poursuit des études à la faculté de médecine de Strasbourg et devient rapidement un médecin respecté, collaborant notamment avec Max Aron.

Originaire de Moselle, il rejoint sa famille à Mâcon en 1941 après que ces derniers s'y sont réfugiés. Là, il aide les résistants de la ville et des environs en les soignant clandestinement. Il donne aussi des soins aux indigents de la région et est pour cela apprécié de la population de Mâcon.

Alors qu'il se rend chez son beau-frère et sa sœur, il est fusillé devant eux et sa nièce par la Milice française, face à l'actuel 116 rue du à Mâcon. Après son assassinat, la famille Israël est cachée par la famille Blanvillain, qui reçoit le titre de Juste parmi les Nations en 2005.

Naissance et jeunesse

Léon Israël naît le à Kœnigsmacker, en Alsace-Lorraine alors dans l’Empire allemand. Son père se nomme Isaac Israël et est négociant[1]. Sa famille possède un commerce de bestiaux[2]. Le , il tient un duo comique à Wolfisheim lors d'un bal organisé par la communauté juive pour fêter le mariage du fils du rabbin de Dijon avec une jeune femme de la communauté juive de Wolfisheim[3].

Il assiste à l'enterrement de Rosa Israël, une membre de sa famille, le [4] et à celui de Mme Abraham Cahen aussi, en 1930[5]. En 1929, il tente le concours pour devenir interne à l'hôpital de Strasbourg et est pris[1],[6]. Parallèlement, il poursuit sa thèse intitulée Les hémopathies benzoliques[7] et l'obtient avec mention très honorable et les félicitations du jury en 1934[1]. Il dirige une clinique à Strasbourg rapidement[8]. En 1934, il est récompensé par le Prix de l'amicale des Etudiants et anciens Etudiants de la Faculté de Médecine (de Strasbourg) et publie de nombreux articles scientifiques à partir de 1934-1935[8]. Il collabore aussi avec Max Aron[8]. Après ses études de médecine, il reçoit ses patients à Metz[9],[10],[11],[12], au 42 rue Serpenoise[13]. Il rejoint la société scientifique de Lorraine en 1937[14],[15].

Arrivée à Mâcon

Il reste célibataire[16] et exerce la médecine jusqu'à l'Occupation de la France, lorsque son frère Joseph, sa belle-sœur Annette et leurs enfants décident de fuir la Moselle et leur commune de Yutz pour se réfugier en Zone libre[16],[17] Le docteur Israël les suit en 1941 et les rejoint à Mâcon[18], où ils sont installés et cachés par la résistance locale, notamment par Léon-Albert et Renée Blanvillain, des quincailliers mâconnais[17].

Résistance

Fiche de renseignements de la préfecture collaborationniste de Saône et Loire comportant le nom du docteur Israël (1941/1942)

Tout en étant relativement protégé par la résistance, Léon Israël entreprend de soigner clandestinement les résistants des environs et fait des tournées dans la ville pour aider les indigents[16]. Cependant, à partir de 1942 et l'Opération Anton, qui se clôt par l'annexion du régime de Vichy par l'Allemagne nazie, la chasse aux juifs, déjà importante, s'accroît encore davantage, ce qui force les Israël à se cacher[16],[17]. Léon continue de visiter sa famille à Mâcon mais il est hébergé à Beaujeu par la famille Rochard, qui y possède des vignes[17].

Il figure sur une liste préfectorale recensant les médecins juifs du département ; son adresse indiquée est 19 rue Dinet à Mâcon[19].

Assassinat

Plaques commémoratives au 116 de la rue du 28 juin 1944 à Mâcon, sur le lieu de l'assassinat du docteur Israël.

Des résistants attaquent un groupe de miliciens le [20]. En représailles, le , alors que Léon rend visite discrètement à sa famille dans l'actuelle rue du , il est arrêté dans la rue par un groupe de miliciens composé entre autres d'André Dumont[21] et de Henri Fournier[22] venus de Lyon[18]. Le docteur Israël est fusillé aussitôt[23],[24] ; son frère Joseph, sa belle-sœur Annette et sa nièce, Monique, qui n'a alors que 5 ans, assistent à son exécution qui se déroule de manière sommaire dans les environs de leur maison[17]. Lors de ses funérailles, la population mâconnaise se mobilise et plus d'un millier de personnes y assistent, alors que la ville est toujours sous occupation[2],[25].

Après l'assassinat, la famille Blanvillain décide de dissimuler et d'exfiltrer les Israël de Mâcon à Sancé jusqu'à la Libération, quand ils retournent vivre en Lorraine[17].

Mémoire

Leurs familles restent proches[2]. Claude Blanvillain, qui accueille Monique Israël dans sa chambre meurt le à l'âge de 83 ans[26], Monique Israël, quant à elle, meurt le [27].

En reconnaissance de leurs actions, Léon-Albert et Renée Blanvillain reçoivent le titre de Justes parmi les nations en 2005, Renée Blanvillain reçoit le titre en mains propres à l'âge de 94 ans[18],[25],[28], son époux Léon-Albert est mort depuis 1991[18].

Un hommage mâconnais est organisé tous les ans devant la plaque commémorative le , jour de la rafle du Vel d'Hiv[20],[29],[30]. En 2023, l'hommage a bien lieu ; l'église protestante de Mâcon dépose une gerbe, tout comme le maire de Mâcon et le préfet de Saône et Loire[31],[32].

Ouvrages

Références

Liens externes

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