Litman Nadler
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(à 33 ans) |
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Litman Nadler (Docteur Madeleine[1]), né le à Botoșani, Roumanie et mort fusillé le par les Allemands au camp de Souge en Gironde, est un étudiant et résistant juif français, membre du Mouvement de Libération nationale.
Études
Litman Nadler est né le à Botoșani, Roumanie[2],[3],[1]. Il est le fils de David Nadler, commerçant, et de Rachel Gălătanu[2].
Litman Nadler vient étudier la médecine à Toulouse (Haute-Garonne) de 1935 à 1941[2].
Résistance
Il participe au Mouvement de libération nationale en lien avec le réseau de la Faculté de médecine de Toulouse[1].
Arrestation et exécution
Il est arrêté en à Toulouse et emprisonné à la prison Saint-Michel[1].
Le [4], Litman Nadler est enfermé avec sept cent deux résistants, dont soixante deux femmes, dans les wagons bétaillers du convoi dit « train fantôme ». Le lendemain, le train, à destination de Dachau, se dirige vers Bordeaux, la ligne vers Lyon ayant été détruite[4]. Pris pour un convoi militaire, il est bombardé par l'aviation britannique en gare de Parcoul-Médillac[4], près d'Angoulême. La locomotive détruite, il y reste stationné cinq jours[4]. Le train revient à Bordeaux le [4]. Les prisonniers restent plus de soixante heures en gare Saint-Jean, enfermés près du dépôt des locomotives dans les wagons bétaillers mais ravitaillés par le Secours national.
Dans la nuit du 12 au 13[4], ils sont, au bout d'une grande demi-heure de marche en rangs, entassés dans la synagogue de la ville transformée par les autorités allemandes en annexe insalubre de la prison du Hâ. La Fête nationale y est hardiment célébrée par une harangue du militant SFIO Noël Peyrevidal[5] juché sur la tébah puis une Marseillaise suivie d'un chahut. Le , dix prisonniers, Noël Peyrevidal, l'inspecteur Robert Borios, Litman Nadler, Pierre Fournera, le réfugié espagnol José Figueras Almeda, André Guillaumot, Marcel Jean-Louis, Emilio Perin, Joseph Uchsera et Albert Lautman, en sont extraits et conduits au fort du Hâ[6]. Ils y rejoignent un groupe de trente six autres détenus, des maquisards qui ont été sélectionnés sur dossier par le Kommando IV de la Sicherheitspolizei de Bordeaux, KDS, que dirige le lieutenant S.S. Friedrich-Wilhem Dohse. Ils reçoivent chacun un carton « Zum Tode verurteilt ».
Le après midi, les condamnés sont emmenés au camp de Souge, qui se trouve à vingt cinq kilomètres à l'ouest du centre de Bordeaux, sur le territoire de la commune de Martignas-sur-Jalle, pour y être fusillés le soir même avec deux autres prisonniers. L'officier de garde français refuse de former le peloton d'exécution au prétexte que l'autorité dont émane l'ordre n'est pas mentionnée sur celui-ci[7]. Le lendemain , le chef du convoi, l'Oberleutnant de la Wehrmacht Baumgartner, ne réussit pas à rassembler les gendarmes mobiles et ce sont des sous-officiers de la Feldgendarmerie qu'il commande pour procéder à ce qui est, aux termes du chapitre II de la Convention de La Haye relatif aux prisonniers de guerre, un crime de guerre. Les condamnés, conduits à un des deux sites d'exécution, sont attachés chacun à son tour à un des dix[8] poteaux[9]. Les corps sont jetés dans des fosses déjà prêtes[7]. Vingt-sept jours plus tard, Bordeaux est libérée.
Inhumation
En , après la Libération, le chef régional du Mouvement de libération nationale déclare Litman Nadler comme membre de son groupe. Son corps est ensuite rapatrié à Toulouse, et inhumé au cimetière de Terre-Cabade après une cérémonie organisée place du Capitole en hommage à plusieurs résistants toulousains[1].
En , la sépulture de Litman Nadler arrivant à échéance. Le Conseil de Toulouse Métropole décide de lui attribuer gratuitement une concession à perpétuité au cimetière Terre-Cabade. « Cette concession gratuite est le symbole de notre reconnaissance. Parce qu’un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre, nous nous souvenons ! » déclare Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole. La tombe de Litman Nadler avait pu être formellement identifiée grâce au travail de recherche de Jean-Pierre Mezure et de Pascal Barcenas membres du comité de Toulouse de l'association Le Souvenir Français, qui œuvre à l'inventaire et à la préservation des sépultures des héros morts pour la France[1].
Honneurs
- Reconnu « Mort pour la France » en 2018[1]
Médaille de la Résistance française à titre posthume en octobre 2020[1].
Croix du combattant volontaire de la Résistance à titre posthume en 2019[1]