Léon Weissberg
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autrichienne (- polonaise (à partir de ) |
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Camp de Gurs (), camp de Drancy () |
Léon Weissberg est un peintre polonais, qui a fait partie de la première École de Paris. Il naît à Przeworsk, (Galicie, Empire austro-hongrois) le .
Il étudie la peinture à Vienne avec Kokoschka, sert dans l'armée autrichienne durant la Première Guerre mondiale, découvre à Berlin l'expressionnisme allemand, fait un grand voyage en Italie et s'installe à Paris en 1923, rencontre le succès dans les années 1930.
Il est arrêté en , à Entraygues-sur-Truyère, près de Rodez, interné au camp de Gurs puis de Drancy et déporté de Drancy, le , par le convoi 51. Il meurt le , au camp d’extermination nazi de Majdanek/Sobibor, Pologne, à l’âge de 48 ans.
Empire Austro-Hongrois
Le père de Léon Weissberg, Süssman Weissberg, est un notable de la ville de Przeworsk en Galicie, juriste juif respecté[1],[2] et l'adjoint du maire.
Enfance
Léon commence ses études à l'âge de 8 ans ; il est pensionnaire au lycée classique de Vienne[3],[4]. Il est remarqué pour ses dons en dessin, en musique et en littérature ; il suit des cours de violon au Conservatoire de Vienne. Il affirme alors son désir de peindre.
Moraliste et religieux[5], son père s'oppose à la vocation de son fils[6],[7].
À Przeworsk, les vacances se passent dans une maison en pierre de taille. Le père partage son temps entre la mairie[8], son cabinet de conseil juridique et ses petites entreprises[Note 1]. La famille possède une ferme dans les environs, où vit sa grand-mère, Liebe Weissberg, qui encourage les dons de l'enfant et lui fournit des livres.
Autriche
Bohème à Vienne
À 17 ans, Léon Weissberg affirme sa vocation. Le jour de sa Matura (diplôme de fin d'études secondaires), il quitte le lycée. Il est reçu à l'Académie des beaux-arts de Vienne. Il suit le cours de Kokoschka aux arts appliqués[4]. Son père lui coupe les vivres.
En 1911, il commence les beaux-arts où il étudiera trois ans[9],[7],[10]. À Vienne, le monde des arts et des lettres cotoie l'antisémitisme virulent de l'aristocratie et l'armée. Sans ressources, il connaît la misère et la solitude, lutte pour survivre et poursuivre ses études, soutenu par sa grand-mère et sa mère. Il joue du violon dans un cabaret, donne des leçons d'allemand, exécute des travaux de bureau et ira, la nuit, porter des pierres à dos d'homme au chantier de reconstruction de l'Opéra endommagé par un incendie[11],[12],[13],[14].
Première Guerre mondiale
Pendant la Première Guerre mondiale, Weissberg sert dans l'armée autrichienne[15],[12],[13] comme courrier d'un général.
Allemagne
Berlin
En , son père l'accueille et lui pardonne ses incartades. Il veut l'envoyer étudier le droit à Berlin. Il tente de le marier à la fille d'un de ses amis. Léon Weissberg s'inscrit à la faculté de droit. Arrivé à Berlin, il mesure son erreur[16],[4],[17] et renvoie son chèque au beau-père présumé. Avec l'argent de son père, il achète des toiles et des couleurs ; son père ne lui pardonnera pas.
Influences
À Berlin, Weissberg rencontre des jeunes artistes, découvre l'expressionnisme allemand, le Blaue Reiter, les suprématistes et post-cubistes[18],[19],[20].
Cinéma & Théâtre
Il se lie avec des écrivains, des cinéastes (Ernst Lubitsch) et des comédiens (Marlene Dietrich), il fait de la figuration[21],[22], écrit une pièce de théâtre, La Paix et la Guerre[Note 2]. Elle est représentée avec quelque succès, et aurait été adaptée au cinéma[21],[23],[24]. Il peint avec ardeur.
Munich
Il finit son éducation artistique à l'Académie royale de peinture de Munich[21],[25] pendant deux ans. Il peint et vend quelques tableaux : des portraits sur commande, des fleurs, des natures mortes. Quatre de ces œuvres survivront[26]. Il visite la Pinacothèque et ses collections de peintres français, la galerie de Dresde et la peinture allemande.
Le grand Tour
En 1922, il termine ses études, et entreprend un voyage rituel : il part pour l'Italie, à pied, par le Tyrol[18],[27]. À Venise, il est invité sur un yacht, visite Florence et Rome, revient par la Hollande, où il découvre Rembrandt. Jean-Marie Dunoyer conclut : « Une éducation européenne exemplaire ! »[28]
France
Paris
À l'automne 1923, Weissberg arrive gare du Nord à Paris, à 2 heures du matin, et se rend au café de La Rotonde à Montparnasse, rencontre le peintre Sigmund Menkès, venu de Galicie un an plus tôt, qui l'héberge la première nuit. Les deux peintres deviennent amis[29],[30].
Montparnasse
Weissberg loue une chambre-atelier rue Campagne-Première au no 9[30] et arpente Paris, la « capitale des Lumières et des arts ». Il s'éprend de la ville et de ses années folles d'après-guerre, des habitants accueillants, de Montparnasse, se fait des amis aux terrasses des cafés ; il fréquente ces salons en plein air, peuplés d'écrivains et d'artistes de tous pays, qui, devant un café-crème, discutent de l'art et des choses de la vie[13]. Weissberg ne s'attarde pas, jette un coup d'œil aux journaux du râtelier, puis retourne à sa peinture[31],[32],[33].
Atelier
Il peint en solitaire dans sa chambre-atelier : des natures mortes, les rues de Paris, la belle Marie et des portraits de ses amis. Pour se détendre, il joue du violon ou va visiter un musée familier : le musée du Luxembourg expose Van Gogh, Renoir et les impressionnistes. Il s'attarde au jardin et à la fontaine Médicis, où plus tard il promènera sa fille Lydie[34].
Fréquentations
C'est un jeune homme blond, mince et élancé, le front haut, les traits fins, d'une élégance naturelle ; ses yeux bleus, ont « conservé la lumière de l'enfance », se rappellent ses contemporains[27],[35],[36],[16]. À la terrasse de la Rotonde puis du Dôme, il fait des rencontres d'artistes, renommés ou non. Aimable et spirituel, il devient une figure de Montparnasse, aux côtés des peintres Dobrinsky, Henri Epstein, Foujita, Kikoïne, Kisling, Kramsztyk, Mané-Katz, Mendjizky, Menkès, Pascin, Soutine, Sterling, les sculpteurs Indenbaum, Kogan et Chana Orloff, l'écrivain Oser Warszawski et les nouvelles célébrités, Picasso, Matisse, Chagall, Eugène Zak[30],[37].
Salon d’Automne
En 1925, Weissberg expose au Salon d'Automne ses natures mortes. En décembre, il présente un important ensemble d'œuvres à la galerie de Sliwinski Au Sacre du Printemps — au sein du « Groupe des Quatre » qu’il forme avec Menkès, Aberdam et Weingart à Montparnasse[30],[37]. Cette année 1925, Léon Weissberg rencontre Marie Ber[Note 3] à La Rotonde. Le soir même, il l'invite au Bal Nègre. Il l'épouse en 1927[38] à Paris, ils auront une fille, Lydie. Il annonce cette naissance à Przeworsk.
Réconciliation
Son père vient à Paris pour faire la connaissance de l'épouse de son fils et de sa petite-fille. Il découvre les difficultés financières du ménage et leur remet une somme d'argent importante. Une nouvelle relation père-fils s'établit, par correspondance, et se poursuivra jusqu'au décès de Süssman Weissberg, en 1938.
Démarage
À Montparnasse, le professeur Kivéliovitch[Note 4] achète à Weissberg plusieurs toiles et quelques dessins. Un collectionneur américain emporte la production d'une année. Le frère de Marie, le Dr Charles Ber, médecin à Bagneux, lui commande, en 1925, les portraits de sa mère et de ses enfants et, fin 1928, lui signe un contrat d'un an et acquiert de nombreuses toiles du peintre.
Weissberg expose La Mariée juive (1926), avec succès[39],[40] au Salon d'Automne, puis, en 1929 à la Galerie Bonaparte de Chil Aronson[41], et plusieurs toiles dans des galeries de la Rive gauche.
Il peint la même année le portrait de Leopold Zborowski, le poète polonais, ami de Modigliani et grand marchand d'art de l'École de Paris. Ses carnets mentionnent une dizaine de toiles achetées à Weissberg[42].
Succès
Léon Weissberg est soutenu par Leopold Zborowski et la galerie Zak[43], fondée en 1928 par Mme Jadwiga Zak[Note 5], située au 16, rue de l'Abbaye, face à la place et à l'église St-Germain-des-Prés. À la galerie, qui devient son marchand en 1928[44], il rencontre Giacometti, André Derain, Charles Despiau et Georges Rouault, dont il aime la spiritualité.
Le courtier de la galerie, Vladimir Raykis, restera son ami. En 1946, à la nouvelle de la mort en déportation de Jadwiga Zak et de son fils Jacques, Raykis devient directeur de la galerie Zak après la guerre ; il témoignera de l'arrestation de Weissberg.
Crises
Weissberg connaît une notoriété croissante jusqu'à ce qu'au début des années 1930. Lors de la crise, les ventes se font rares. Weissberg ira décharger des camions aux Halles. Son épouse de Weissberg s'éprend de leur ami, l'écrivain Oser Warszawski. Le couple se sépare[Note 6].
Saint-Paul-de-Vence
Weissberg part en 1933 à Saint-Paul-de-Vence[45], rendez-vous de gens du monde et de quelques artistes. Sur la suggestion de Maurice Mendjizky, il a été invité par Paul Roux, l'aubergiste de La Colombe d'or. Ce collectionneur fait payer sa pension en tableaux. Weissberg accepte l'offre et part avec sa fille, Lydie, âgée de 4 ans, qu'il gardera avec lui toute l'année.
À la Colombe d'or, il se lie avec Michel Fontaine, un futur diplomate. Il lui offre et lui dédicace des toiles — dont L’Olive bleue et Tête couronnée —. Fontaine lui achète la Vue de Saint-Paul-de-Vence[46].
Il reçoit les visites de Maurice Mendjizky et de Roman Kramsztyk, qui fait son portrait Léon Weissberg à l’accordéon. L'année suivante, il déménage dans un appartement prêté par M. Roux, rue Grande, au-dessus de l'atelier de l'artisan du village, un artiste du bois d'olivier.
Paris — Bruits de bottes
En 1935, il rentre à Paris, et s'installe avec sa fille, Lydie, dans l'ancien atelier d'Henri Rousseau « le Douanier », au rez-de-chaussée du 2 bis, rue Perrel dans le 14e arrondissement. Menkès en partance pour New York, lui a cédé le lieu[Note 7].
Malgré les persécutions antisémites en Allemagne nazie, et les bruits de botte en Europe, Weissberg reste optimiste, et ne croit pas à la guerre[47].
Chil Aronson a raconté, dans son ouvrage Bilder und Gestalten von Montparnasse (Images et figures de Montparnasse, 1963)[48] comment Léon Weissberg a créé, avec son concours, la première Association des artistes juifs de Paris. En marge de l'Exposition internationale de 1937 et du Congrès international de la culture juive, les délégués américains au Congrès le retrouvaient chaque jour, à la terrasse du café du Dôme, ainsi que quelques artistes, tels Chagall.
Le , la Seconde Guerre mondiale est déclarée. Weissberg se porte volontaire dans l'armée polonaise. Il ne sera pas admis en raison de la limite d'âge.
Invasion et exode
En , les troupes allemandes arrivent aux portes de Paris. Weissberg quitte son atelier de la rue Perrel et prend le dernier train en partance vers le sud de la France. Il emporte pour tout bagage, enroulés dans une couverture, son chevalet pliant, sa boîte de couleurs, sa palette, quelques souvenirs et un gros livre sur papier bible, les Œuvres complètes de Heine. Le train est mitraillé par l'aviation allemande et doit s'arrêter. Weissberg poursuit son voyage au volant d'une voiture et termine à pied, en compagnie du graveur Merzer rencontré dans le train. Il aura couvert les 700 km de routes en dix jours. Il arrive à Rodez, une ville inconnue de lui : il y retrouve sa fille[Note 8].
Rodez
En , la préfecture de l'Aveyron à Rodez[49] l'assigne en « résidence forcée » à La Chapelle Saint-Martin[Note 9].
Il est logé dans une grange en pierre, sans fenêtre, sans eau et sans chauffage. Sa fille le rejoint pour les vacances. Il peint tout l'été les paysages et les femmes du pays, du lavoir aux champs. Durant le rude hiver 1940-1941, il contracte une pleurésie purulente. Il est hospitalisé à Rodez pour de longs mois, dans le pavillon des tuberculeux isolés et sans espoir de guérison.
Il guérit. En , il obtient un laissez-passer (Ausweis) de huit jours pour Marseille. Il rend visite à son ami de la Galerie Zak, Vladimir Raykis, réfugié mais actif. Raykis lui conseille de changer de résidence, lui recommande l'hôtel Andrieu dit des Voyageurs, à Entraygues-sur-Truyère. Il lui établit un contrat afin qu'il puisse y prendre pension : mille francs par mois et fourniture de six petites toiles vierges, en échange du retour de ces six toiles peintes[Note 10].
Entraygues
Durant l'été 1941, à Entraygues, qui ne verra pas un soldat allemand pendant la guerre, Weissberg prend pension à l'Hôtel Andrieu sur les bords de la Truyère. Il est bien accueilli par le patron et sa femme, mais coupé du monde de l'art et de ses amis. Il transforme sa chambre en atelier. De nombreux visiteurs, des gens du village et des vacanciers, lui rendent visite. Lydie y passera ses vacances scolaires, une petite chambre lui étant réservée.
Arrestation
Le , Weissberg fête ses 48 ans. À l'aube du , il est arrêté, à cinq heures du matin, par deux gendarmes d'Entraygues, sur ordre de la préfecture. Il connait la déportation des Juifs et leur sort depuis les rafles de 1942[Note 11]. Il demande à M. Andrieu de prévenir sa fille. Lydie obtiend du collège la permission de venir à la gare de Rodez, et lui dire adieu avant le départ du train. Pendant ce quart d'heure, Weissberg la rassure, et lui dit sa confiance en la France[50],[51],[52] : « N’est-il pas un artiste, peintre isolé et paisible ? N’a-t-il pas toujours aimé profondément la France, son art, sa civilisation, sa culture ? Et n’est-il pas le père d’une enfant française, donc intouchable aux dires de Vichy ? »
Internement et déportation
La police de Rodez le livre à la police militaire allemande. Il est interné avec mille autres « raflés » au camp de Gurs puis, le , dans celui de Drancy. Il écrit à sa fille cinq lettres et cartes interzones, empreintes de tendresse et de courage, qu'elle a conservées. Le mandat et le petit colis, qui lui ont été adressés au camp de Gurs, respectivement par Wladimir Raykis et par Mme Marie Ber, leur seront retournés. Le , Weissberg ajoute en marge de sa dernière carte : « Je pars pour destination inconnue. » Il est déporté de Drancy dans le convoi 51 et est assassiné à son arrivée, le , officiellement au camp d'extermination de Lublin-Majdanek[Note 12].
Épilogue
Le nom de Léon Weissberg figure sur le Mémorial de la Shoah à Paris, gravé dans le Mur parmi les noms des Juifs déportés de France[53]. Il est gravé à Entraygues-sur-Truyère, sur le monument aux morts et sur une plaque mémorielle, hommages de la Ville d'Entraygues avec cérémonies officielles, ainsi que sur une plaque de marbre sur la façade de l'actuel hôtel de la Truyère, l'ancien Hôtel des Voyageurs Andrieu, où il a vécu avant son arrestation[54].
Léon Weissberg avait laissé sur les murs de sa chambre quelques petits tableaux sur carton ou contreplaqué, et, sur son chevalet, une œuvre en cours, Le Repas du clown, son dernier tableau, laissé inachevé. Elles ont été expédiées par l'aubergiste, M. Léon Andrieu, à la fille de l'artiste, par le car de Rodez, en . Certaines font actuellement partie de la donation de la fille du peintre au musée du MAHJ[55] : Weissberg, Entraygues 1942[56],[57].
La peinture
Weissberg, interrogé sur ce qui caractérisait sa peinture, répondait : « La liberté. Il m’a fallu dix ans pour oublier ce que j’ai mis sept ans à apprendre.»
Après une formation académique — dont il veut se débarrasser —, il reconnaît pour maître Rembrandt, rend hommage à Corot et Renoir et voit en Cézanne et Van Gogh les fondateurs de la peinture moderne. Il tend vers un expressionnisme personnel, universaliste, humaniste et charnel, empreint de spiritualité[58].
Il s'attache à peindre ce qu'il voit et qui le fait rêver[59]. Des sujets simples, la vie nue qu'il transpose sur la toile dans sa vérité. Des qualités plastiques surgit une unité morale. La peinture vit, émeut par une élévation de la pensée et le côté magique de toute chose[60]. Des formes immobiles font ressentir l'âme des êtres, leur solitude, le mystère des rues tranquilles et de la nature omniprésente ; la composition est dépouillée ; l'approche de la lumière et du clair-obscur est raffinée, les couleurs et l'introduction du blanc et du noir sont traitées en finesse. Sur des fonds préparés, il procède parfois au couteau et en pleine pâte, ou au pinceau fin par glacis légers.
En 1925, il expose ses natures mortes au Salon d'automne, des Tuileries et des Indépendants, ainsi que dans les galeries de la Rive gauche.
En et , Weissberg présente un ensemble de toiles à la galerie Au sacre du printemps, 5, rue du Cherche-Midi, avec trois autres peintres galiciens : Alfred Aberdam, Sigmund Menkès et Joachim Weingart Ils formeront avec lui le « Groupe des quatre ».
Le galeriste, Hans Effenberger[Note 13], dès son arrivée à Paris, avait exposé les surréalistes Max Ernst, André Masson et Joan Miro, et des photographies d'André Kertész et de Berenice Abbott. Également musicien et écrivain, il a noué des relations amicales avec Weissberg. Son exposition du « groupe des Quatre » contribuera à la notoriété de ces artistes[61].
On peut distinguer, dans l'œuvre de Weissberg, une suite de cycles :
- le premier, post-cubiste, voit naître des compositions en aplats bien cernés. Les sujets sont essentiellement des natures mortes, riches, construites avec rigueur, et des paysages expressionnistes ;
- dès 1923 surgissent des personnages : portraits expressionnistes d'écrivains, tels le Sitting Man (Franz Kafka), collection Oscar Ghez, et de peintres de l'École de Paris, Portrait du jeune peintre Aron Haber Beron, dont le trait appuyé, le chromatisme des aplats colorés et la mélancolie expriment la solitude de l'artiste ;
- d'autres portraits suivront, dont ceux des peintres Kramsztyk et Hayden ;
- Portrait d’une jeune femme (Marie) inaugure une série de portraits de femmes[62] sur de grandes toiles jusqu'à la fin des années 1920. Ils représentant le plus souvent Marie, longtemps le personnage unique qu'il ne se lassait pas de repeindre.
Des études de femmes immobiles et silencieuses, le regard détourné vers l'intérieur, comme plongées dans un songe : citons Femme au renard, Femme accoudée, Femme en veste…
Une référence picturale profonde de tous ces portraits pourrait être La Joconde de Léonard de Vinci, dont il admirait la simplicité apparente, la beauté intemporelle et, surtout, son mystère. Une peinture qu'il allait revoir et scruter au Louvre, selon sa fille[63] : la position corporelle des femmes de Weissberg lui ressemble, les mains souples posées simplement, abandonnées, et les yeux un peu détournés, énigmatiques.
Aux portraits féminins, succèdent les nus, sensuels au naturel.
Son tableau La Mariée juive connaît un grarnd succès (1926). Le titre est dû à l'écrivain Schalom Asch : l'apercevant au Salon d'automne, il s'écrie : « C’est la mariée juive ! », en référence à La Fiancée juive de Rembrandt. Charnel, fier et lumineux, provocateur avec noblesse, « il est peint d’une matière fluide dans des gammes de blanc argent et de bruns dans un subtil jeu de lumières », écrit le critique Chil Aronson[64]. Le tableau sera exposé à nouveau après la guerre, en 1955 à la galerie Zak, 16, rue de l'Abbaye à Paris, dans l'exposition Œuvres d’artistes juifs morts en déportation organisée par le musée d'Art et d'Histoire du judaïsme.
Chil Aronson, qui l'a exposé dès 1929 à la galerie Bonaparte à Paris, reviendra dix ans plus tard sur ce tableau : « Je ne trouve pas de mots pour dire la poésie délicate et forte, unique, de cette œuvre audacieuse. » Il y voit une nostalgie pour le shtetl « captée et rendue comme par un enchantement »[65]. Le critique Waldemar George qualifie La Mariée juive de « brillant exemple des qualités de peinture et d’imaginaire apportées par les artistes juifs d’Europe de l’Est, qui ont ainsi contribué à forger le style de l’École de Paris »[66].
À Saint-Paul-de-Vence, où il séjourne de 1933 à 1935, Weissberg peint, dans une lumière adoucie et tamisée, une série de toiles très « françaises » : le village historique, ses rues, ses forêts, les bords de mer peuplés de baigneurs et de bateaux, et des natures mortes.
Dans les années 1940, à Entraygues, sous l'Occupation, il peint des paysages plus colorés et des cirques, une peinture d'évasion et de rêve, un monde de clowns, de danseuses et d'acrobates.
Lydia Harambourg, dans son catalogue, écrit : « Un thème a fait son apparition, celui des clowns et des musiciens ambulants, des acrobates, acteurs d’une comédie transposée dans un temps d’angoisse et d’incertitude »[45]. Il célèbre la vie, un besoin d'évasion, l’art, la couleur dont il connaît le pouvoir poétique. Un rêve où surgissent des clowns magnifiques, des écuyères rêveuses, des cirques libres qui parlent d'une autre vie, de dignité et d'amour. Philippe Soupault les définit : « Acteurs d’une comédie tendre et triste, dépositaires de ses rêves »[67].
Dans sa petite chambre d'hôtel aménagée en atelier (où il sera arrêté), Léon Weissberg crée un ensemble de tableaux d'une grande liberté, d'un expressionnisme vibrant de couleur et de vitalité.
Pendant la guerre, Weissberg échange des dessins contre un flacon d'huile de lin, et peint, outre sur les toiles blanches reçues de Raykis, sur tous les matériaux disponibles : contreplaqué, couvertures de cahier d'écolier, calendriers des Postes… et même sur une plaque de fibrociment.
Il affiche ses œuvres sur les murs de sa chambre qui devient un « univers féerique »[68]. Elles se caractérisent par la fermeté du dessin, la vivacité des couleurs, appliquées en larges touches hardies relevées de blanc, de gris et de noir, et par les thèmes heureux : paysages riants, jeunes filles à la baignade, cirques, sous le regard d'un portrait d'Arthur Rimbaud.
« Avec ses clowns, ses musiciens en conversation avec une écuyère, Weissberg allie un mysticisme et son sens de l’immatérialité à une observation de la nature qui se développe en profondeur. Au monde des ténèbres, il oppose celui de la lumière »[45].
L'été 1942, Weissberg peint Le Vieux Clown, autoportrait en clown, se représentant en blouse et collerette de Pierrot. Jean-Marie Dunoyer y lit « l’expression d’une souffrance à venir. C’est l’âme qui émerge ici des couleurs et des formes, de la douleur pressentie de tout un peuple déjà martyrisé, plaquée, sillonnée, durement burinée. »[69]
Six mois plus tard, avec Le Repas du clown, Léon Weissberg peint son dernier tableau, laissé inachevé dans sa chambre d'hôtel.
Le Vieux Clown est l'unique autoportrait de Weissberg. Fanny Schulmann commente : « Ce faisant, il s'inscrit dans une histoire de l'art qu'il connaît parfaitement, celle qui, depuis le Pierrot de Jean-Antoine Watteau jusqu'aux clowns et acrobates de Pablo Picasso, associe la figure de l'artiste à la mélancolie affleurant derrière le personnage de l'amuseur public. »[Note 14]
« Le Clown est le révélateur qui porte la condition humaine à l’amère conscience d’elle-même », affirme Jean Starobinski dans son essai Portrait de l’artiste en saltimbanque.
Galerie
- La Ferme au bout du jardin, 1926, huile sur toile, 54 × 73 cm, musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, Paris.
- Portrait of a Man Sitting (Franz Kafka), circa 1923, huile sur toile, 92 × 73 cm, collection Ghez, Hecht Museum, Université de Haïfa
- Jardin à la Ruche, 1924, huile sur toile, 54 × 65 cm, coll. priv.
- Portrait d’une jeune femme (Marie), 1925, huile sur toile, 46 × 33 cm, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, Paris.
- Femme au renard, 1927, huile sur toile, 92 × 65 cm, musée des Années Trente, Boulogne-Billancourt
- La Rue à Cachan avec réverbère, 1928, huile sur toile, 54 × 73 cm, collection privée.
- Portrait de Leopold Zborowski, 1926, huile sur toile, 100 × 81 cm, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, Paris.
- Marie à l’atelier, 1928, dessin aquarellé, dédicacé à Raykis, 12,6 × 13 cm, coll. priv.
- Femme en veste (Marie), c. 1930, hst, 81 × 60 cm, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, Paris.
- Annette au chapeau blanc, 1929, hst, 65 × 54 cm, musée de la Société historique et littéraire polonaise, Bibliothèque polonaise de Paris.
- Paysage du Midi (Hauts de Cagnes), c.1933, huile sur toile, 73 × 92 cm, collection privée.
- Vue de Saint-Paul-de-Vence, 1934, huile sur toile, 54 × 65 cm, musée Villa La Fleur, Pologne.
- L’Olive bleue à Saint-Paul-de-Vence, 1933, huile sur toile, 38 × 46 cm, au dos à Michel Fontaine.
- Saint-Paul-de-Vence, 1934, huile sur toile, 52 × 64 cm, signé L. Weissberg en bas à gauche, ajouté dessous : « Mendjizky ».
- Entraygues, Paysage à l’arbre jaune, 1942, huile sur carton, 17,3 × 22,2 cm, musée d’Art et d'Histoire du judaïsme, Paris.
- Nature morte à l’encrier, 1924, huile sur toile, 33 × 46 cm, collection privée.
- Nature morte aux poissons et à la cruche, c.1927, huile sur carton, 33 × 41 cm, collection privée.
- Le Jeune Peintre Aron Haber Beron, 1924, huile sur toile, 92 × 65 cm.
- La Maison dans les arbres, 1926, huile sur toile, 46 × 61 cm, collection privée.
- Femme accoudée (Marie), 1928, huile sur toile, 65 × 54 cm, collection privée.
- La Mariée juive, 1926, huile sur toile, 92 × 64,5 cm, Tel Aviv Museum.
- Jeune Fille en blanc, 1936, huile sur toile, 45 × 38 cm, Tel Aviv Museum.
- Nature morte au pot de grès, fleurs, fruits, livre ouvert et pinceaux, 1934, huile sur toile, 50 × 60,5 cm, coll. priv.
- Entraygues, Les Arbres roses, 1942, huile sur carton, 17,8 × 22,8 cm, coll. priv.
- Le Repas du clown, , huile sur carton, 22 × 17,2 cm, coll. priv.
- Clown et jeune fille au balcon, 1942, huile sur carton, 22,2 × 33,8 cm, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, Paris.
- Clown séducteur et fille au linge blanc, 1942, huile sur carton, 22,5 × 17,8 cm, coll. priv.
- Clown musicien, 1942, huile sur carton, 34 × 23 cm, collection privée.
- Le Vieux Clown, Autoportrait en clown, 1942, huile sur contreplaqué, 40,7 × 27 cm, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, Paris.
Collections publiques
En France
- Paris, musée d'Art Moderne de Paris :
- Nature morte à l'encrier, 1924, huile sur toile
- Nature morte aux pinceaux, 1925, huile sur toile
- Jardin à la Ruche, 1924 -1925, huile sur toile
- La Maison dans les arbres, 1926, huile sur toile
- Clown et écuyère, 1942, huile sur carton
- Boulogne-Billancourt, musée des Années Trente :
- Femme au renard (Marie), 1927-1928, huile sur toile
- Charleville-Mézières, musée Arthur Rimbaud :
- Portrait de Rimbaud, 1942, huile sur carton
- Paris, musée d’Art et d’Histoire du judaïsme :
- Clown et jeune fille au balcon, 1942, huile sur toile
- Entraygues, 1942, collection de dix tableaux :
- Baigneuses à Entraygues, 1942, huile sur carton, 1/10
- Bouquet de fleurs des champs, 1942, huile sur carton marouflé sur fibrociment, 2/10
- Clown à l’oiseau, 1942, huile sur toile, 3/10
- Clown, écuyère et chien, 1942, huile sur carton, 4/10
- Écuyère et clown de profil , 1943, huile sur carton, 5/10
- Entraygues, le chemin, 1942, huile sur carton, 6/10
- Entraygues, Dans les champs, 1942, huile sur carton marouflé sur fibrociment, 7/10
- Entraygues, Paysage à l’arbre jaune, 1942, huile sur carton, 8/10
- Jeunes Filles au lac, 1942, huile sur carton, 9/10
- Jeunes Filles sous les arbres, 1942, huile sur carton, 10/10
- Femme en veste (Marie), 1930, huile sur toile
- La Ferme au bout du jardin, 1926, huile sur toile
- Fille aux fleurs, 1929, huile sur toile
- Garçon à la mandoline, 1928, huile sur toile
- Mère portant un enfant dans un lange, 1928, dessin au fusain sur papier
- Nature morte à la statue, 1925, huile sur toile
- Portrait de Leopold Zborowski, 1926, huile sur toile
- Portrait du peintre Roman Kramsztyk, 1926, huile sur toile
- Portrait d'une jeune femme (Marie), 1925, huile sur toile
- Le Vieux Clown-Autoportrait en clown, 1942, huile sur toile contreplaquée
- Paris, Société historique et littéraire polonaise, musée de la Bibliothèque polonaise :
- Annette au Chapeau blanc, 1929, huile sur toile
- Rodez, musée Denys-Puech :
- Tête de Charlotte coiffée à la garçonne, 1937, bronze, exemplaire à patine noire EA 2/2
En Pologne
- Konstancin-Jeziorna, Villa La Fleur :
- Femme le soir au jardin, c. 1928, huile sur toile
- Fenêtre ouverte sur cour et nature morte, c. 1924 huile sur toile
- Village, c. 1928, huile sur toile
- Vue de Saint-Paul-de-Vence, 1934, huile sur toile
(La Villa La Fleur possède également un portrait de Léon Weissberg par Roman Kramsztyk.)
En Israël
- Beit Lohamei Haghetaeot, musée des Combattants des ghettos :
- Sculpture sans titre, buste d’un homme avec une courte barbe, signée
- Haïfa, musée Hecht, université d'Haïfa :
- Portrait of a Sitting Man (Franz Kafka), c. 1923, huile sur toile
- La Seine au Pont de Suresnes, c. 1936, huile sur toile
- Jérusalem, The Israel Museum :
- Au Cirque - At the Circus, 1942, huile sur toile
- Jérusalem, musée d'art de Yad Vashem :
- A Jewish Boy in Paris, Portrait du jeune Léon Ber, 1925, huile sur toile
- Entraygues, la Maison au soleil, 1942, huile sur carte marouflée sur fibrociment
- Fillette à la frange, 1942, huile sur toile
- Mishkan Le’Omanut Museum of Art :
- Bouquet de fleurs sur une table, c. 1927, huile sur toile
- Conversation, deux femmes assises, 1942, huile sur carton
- Deux Jeunes Femmes, 1942, huile sur toile
- Ébauche pour Portrait de femme, 1942, huile sur toile
- Nature morte aux bananes, c. 1927, huile sur toile
- Nature morte, fleurs et pomme au livre ouvert, c. 1927, huile sur toile
- Tel Aviv Art Museum :
- Jeune Fille en blanc / Young Girl in White, c. 1936, huile sur toile
- La Mariée juive, 1926, huile sur toile
Expositions publiques
Collectives
- Salon d'Automne, Paris 1925, 1926, 1927, 1928, 1929, 1937, 1946
- Salon des Tuileries, Paris, 1927-1929
- Salon des Indépendants, Paris 1927-1929
- Galerie Zak, « Peintres de Montparnasse », Paris 1928
- Galerie Bonaparte, « Peintres polonais à Paris », Paris, 1929
- Galerie Bernheim, Paris, 1934
- Exposition internationale, Paris, 1937
- Galerie Zak, « Œuvres d'artistes juifs morts en déportation », sous l'égide du musée d'Art juif, 1955
- « Memorial Exhibition of Jewish Artists Who Perished in the Holocaust », Tel Aviv Museum of Art, 1968
- « Memorial in Honour of Jewish Artists Victims of Nazism », Université d'Haifa, Israël 1978.
- Forum des Arts, Palais de la Bourse, « Montparnasse, Atelier du monde, ses artistes venus d'ailleurs », Marseille 1992/1993
- Ville de Paris, Couvent des Cordeliers, « Kikoïne et ses amis de l'École de Paris », Paris 1993
- Château de Trévarez, « L'École de Paris au château de Trévarez », St-Goazec, France 1993
- University of Haifa, « Eighteen Jewish Artists Who Perished in the Holocaust », 1996
- Musée juif hongrois de Budapest, « Modigliani, Soutine et leurs amis de Montparnasse », Hongrie 2003 musée du Montparnasse, « Paris-Marseille », Paris 2003
- Château Borély, « De la Cannebière à Montparnasse », Marseille 2003
- Sala San Hermenegildo, Séville, les Exposiciones Museisticas Cajasur, Cordoue, « De Paris a la Costa Azul, el triunfo del color », Centro culturel Vigo, Espagne 2004
- Museu Diocesa de Barcelona, « De Paris al Mediterrani, El Triomf del color », 2004
- Musée du Montparnasse, « Artistes d'Europe, Montparnasse déporté », Paris 2005
- Yad Vashem Art Museum, « Montparnasse déporté, La Fin de l'École de Paris » Jérusalem 2006
- Museo diffuso della Resistenza, della deportazione, della guerra, dei dritti e della libertà, « Montparnasse déporté, Artisti Europei da Parigi al Lager », Torino, Italie 2007
- Musée du Montparnasse, « Philippe Soupault, le Surréalisme et quelques amis », Paris 2007
- Musée Tavet-Delacour, « Humanisme et Expressionnisme, la représentation de la figure humaine et l'expérience juive », Pontoise, France 2008
- MAHJ, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, « Les Collections, peintres de l'École de Paris », 2013
- Hecht Museum et Université de Haïfa, « Arrivals, Departures », donation Ghez, 18 artistes juifs assassinés, 2018
- MAHJ, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, « Hommage aux donateurs », L. Lachenal / Weissberg, 2018
- MAHJ, L’École de Paris, « Paris pour école, 1905-1940 », -, vernissage annoncé le [70].
Individuelles
- Galerie Au Sacre du Printemps, Groupe des Quatre : Aberdam, Menkès, Weingart, Weissberg, Paris 1925-1926
- Galerie Zak, « Léon Weissberg », Paris, 1937
- Galerie d'Alençon, « Peintures, XXe Anniversaire de la mort de Léon Weissberg à Majdanek », Paris, 1963
- Galerie Flak, 8 rue des Beaux-Arts, « Femmes et Cirques », Paris 1991
- Carré Voltaire, « Weissberg, dernières couleurs », Paris 1993
- Galerie Mann et Centre d'Art et de Culture, Espace Rachi, « Rétrospectives Léon Weissberg », 1998-1999 MAHJ, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, « Léon Weissberg, Année 1942 », Paris 2001
- Musée Denys-Puech à Rodez, « Léon Weissberg, Une Rétrospective », Rodez 2002
- Galerie Saphir au Marais, « Léon Weissberg, peintre emblématique de Montparnasse », Paris 2003
- Fondation du judaïsme français, « Weissberg, Collections privées », Paris 2004
- Galerie Saphir au Marais, « Weissberg, Années 1920 », Paris 2005
- Société historique et littéraire polonaise, « Exposition Anniversaire Léon Weissberg, 1943-1995», BPP 2015
- MAHJ, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, « Léon Weissberg, Entraygues 1942 », donation, Paris 2017/2018
- Galerie Les Montparnos, « Weissberg, peintre de Montparnasse », Paris -
- MAHJ, L'École de Paris dans les collections du MAHJ, Hommage à Léon Weissberg et à Lydie Lachenal, -, vernissage annoncé le [71].
Œuvres disparues et œuvres retrouvées
Des toiles, des dessins et des aquarelles de Weissberg entreposés dans son atelier parisien, au 2 bis, rue Perrel, Paris 14e, à Montparnasse, ont disparu sous l’Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les toiles, manquent notamment[72] :
- Nu allongé sur un lit de fer ;
- Portrait en buste de Lydie enfant dans une robe à fleurettes et petites manches ballon.
À ce jour, ces œuvres n’ont pas été retrouvées.
Cultural Plunder by the Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR). Œuvres volées. L’inventaire des œuvres au Jeu de Paume cite trois fois l’artiste Weissberg :
- Nature morte, huile (sur toile) ;
- Coin de rue, maisons blanches, deux personnes à demi-corps au premier plan, huile (sur toile) ;
- autres : dessins.
En dépit des spoliations et de la dispersion d’un grand nombre d’œuvres de Weissberg pendant la Seconde Guerre mondiale, le Catalogue raisonné Weissberg, publié en 2009[73], a pu répertorier, présenter et reproduire 231 tableaux, œuvres sur papier et sculptures.
Depuis cette parution, 45 œuvres non recensées jusqu'alors ont été retrouvées, essentiellement dans des ventes publiques en France et à l'étranger.[réf. nécessaire]
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
L. Weissberg, Catalogue raisonné
- L. Weissberg, catalogue raisonné de l’œuvre peint, dessiné, sculpté. Éd. Lachenal & Ritter et Éditions d'Art, Somogy Paris, 2009. Ouvrage bilingue français-anglais, monographie et catalogue, avec introduction par Dominique Jarrassé, texte « La Peinture de Léon Weissberg » par Lydia Harambourg, et Catalogue raisonné complet par Lydie Marie Lachenal : 231 œuvres de Léon Weissberg répertoriées, décrites, reproduites et commentées.
Témoignages de Philippe Soupault, Jean-Marie Dunoyer, Waldemar-George, Jacques Kikoïne (Yankel), Marie Ber-Warszawski, Chil Aronson, Hersch Fenster. Documents, bibliographie, index des œuvres. Il est joint un CD-ROM du catalogue.
Ouvrages d’art et presse critique
- (yi) Chil Aronson, « Léon Weissberg », dans Bilder un Geshtaltn fun Montparnasse [« Images et Figures de Montparnasse »], Paris, Éd. Abécé, , 312-318 p.Traduction française du chapitre « Léon Weissberg » par Batia Baum et Lydie Lachenal, extraits publiés dans École de Paris, le groupe des Quatre, op. cit. et dans Lydie Maria Lachenal, L.Weissberg, catalogue raisonné de l’œuvre peint, dessiné, sculpté, op. cit.
- Chil Aronson, Léon Weissberg, Peintures, XXe anniversaire de sa mort, préface de la plaquette de l'exposition Galerie d'Alençon, .
- Marie Ber Warszawski, « Les textes qui suivent… Une lettre à Louis Aragon », suivi de « La Séparation » et « Léon Weissberg », textes écrits en 1963, publiés dans L. Weissberg, Catalogue raisonné de l’œuvre peint, dessiné, sculpté, op. cit., 2009, p. 241-244.
- (pl) A. Blum, « Nasi artysci w Paryzu Salon Jesienny » [« Nos artistes à Paris »], Chwila (L’Instant), Lwow, no 2357, 1925 10/10, p. 3.
- Jean-Marie Dunoyer, « Léon Weissberg, monographie pour une exposition », 1993, publié dans École de Paris, Le Groupe des Quatre, op. cit., 2000.
- (yi) Hersch Fenster (préface-poème de Marc Chagall), Nos Artistes martyrs, Paris, Éd. Abécé, Traduction en français par J. Gluckstein et Th. Weissberg publiée par extraits dans École de Paris, le Groupe des Quatre, op. cit. et dans Lydie Maria Lachenal, L. Weissberg, catalogue raisonné de l’œuvre peint, dessiné, sculpté, op. cit.
- Lydia Harambourg, « Léon Weissberg » dans La Gazette de l’Hôtel Drouot, Paris, et .
- F.-J. Hirsch, « Léon Weissberg à Rodez », L’Arche, Paris, no 538, , p. 164
- F.-J. Hirsch, « Les Artistes juifs à Paris entre 1906 et 1945 », L’Arche, Paris, no 544, , p. 8-11
- Claude Jeancolas, Le Regard bleu d’Arthur Rimbaud, Paris, Éditions FVW, .
- Lydie Lachenal (dir. et illustration) et al., École de Paris, le groupe des Quatre, Paris, Éditions Lachenal & Ritter, (ISBN 9782904388514).
. - Jerzy Malinowski, « La peinture de Léon Weissberg », Archiwum Emigracji (Les Archives de l’émigration), Torùn, Pologne, université M. Kopernika, nos 5/6, .
- Jerzy Malinowski et Barbara Brus-Malinowska, W Kregu École de Paris, Malarze Zydowscy w Polsce, Varsovie, DIG, .
- (pl) Jerzy Malinowski, « O Genezie i tworczosci tzw Grupy. Czterech » [« La Genèse du Groupe des Quatre »], Zabytkoznawstwo i Konserwatorstwo, Torùn, Pologne, université Nicolaus-Kopernikus, vol. 31, , p. 159-192Traduction française par l'auteur (La Genèse du Groupe des Quatre) dans École de Paris, Le Groupe des Quatre, op. cit. Paris, 2000.
- Nadine Nieszawer et Princ, Artistes juifs de l’École de Paris, 1905-1939, Somogy Éditions d'Art, .
- Weissberg, monographie (préf. Philippe Soupault), Paris, éditions Lachenal et Ritter, .
. - George Waldemar, École de Paris, œuvres d'artistes juifs morts en déportation, Paris, .
- (en) George Waldemar, « The School of Paris », dans Cecil Roth, Jewish Art: An Illustrated History, New York, .
. - (pl) Albert Wepper, « Mlodzi Artysci zydowscy w Paryzu » [« Les Jeunes Artistes juifs à Paris »], Chwila (L’Instant), Lwow, no 2452, 1926 15/1, p. 3.
- Édouard Woroniecki, « La Pologne politique, économique, littéraire et artistique », L'Art polonais à Paris, no 21, 1925 1/10, p. 787
- Édouard Woroniecki, « La Pologne politique, économique, littéraire et artistique », L'Art polonais à Paris, Lwow, no 8, 1926 15/4, p. 300
Catalogues d'exposition
- Galerie Bonaparte, Artistes polonais à Paris, présentation de l'exposition par Chil Aronson, Paris 1929.
- Galerie Zak, Œuvres d'Artistes juifs morts en déportation, catalogue de l'exposition organisée par le musée d'Art juif avec le concours de la galerie Zak, rédigé par Chil Aronson sur la base des dates et des illustrations de l'ouvrage de Hersch Fenster, Nos Artistes Martyrs. Weissberg est représenté par 2 tableaux: La Mariée juive, No 53, collection A.B Cerata et Paysage, no 54, collection Galerie Zak, Paris 1955.
- Tel Aviv Museum, Jewish Artists who perished in the Holocaust, Memorial Exhibition, Avant-propos de Haim Gamzu, directeur du musée de Tel-Aviv, Introduction de Pola Eichenbaum. "Texte Weissberg Leon" et reproductions no 73, 74, 75, 76. Tel aviv, 1968.
- University of Haifa, Memorial in Honour of Jewish Artists victims of Nazism, "Léon Weissberg" in catalogue exposition "Oscar Ghez Collection", Eshkol Tower, 1978.
- Forum des Arts, Montparnasse, Atelier du Monde, ses artistes venus d'ailleurs, Palais de la Bourse, Catalogue de l'Exposition "Léon Weissberg", p. 165–166, 199, 207. Marseille 1992
- Couvent des Cordeliers, Kikoïne et ses amis de l'École de Paris, catalogue de l'exposition: avant-propos de Yankel, préface de Camille Bourniquel, "Léon Weissberg". Ville de Paris, 1993.
- L'École de Paris au château de Trévarez, catalogue de l'exposition « Léon Weissberg » p. 14, 22. Saint-Goazec, France, 1993.
- Weissberg, Rétrospective 1924-1942, catalogue de l'exposition Galerie Mann et Espace d'Art et de Culture du Centre Rachi, texte de Jean-Marie Dunoyer, Paris 1998, repris in Lydie Lachenal et aiii, École de Paris, Le Groupe des Quatre, op. cit., 2000.
- Université de Haïfa, Gallery of Arts, Eighteen Jewish Artists who perished in the Holocaust, catalogue de l'exposition Oscar Ghez Collection, « Léon Weissberg » p. 8, 32,33, Haïfa, 1996.
- Musée Denys-Puech de Rodez, catalogue de l'exposition « Léon Weissberg, une Rétrospective », textes de Laurence Imbernon, conservateur commissaire, « Léon Weissberg : pour une Peinture spirituelle » et de Kenneth M. Ritter. Rodez 2002-2003.
- Musée juif hongrois de Budapest, Modigliani, Soutine et leurs amis de Montparnasse. Catalogue avec textes de Robert B. Turan, Stanislas Perret, Laszlo Beke, Gladys Fabre, Sylvie Buisson, Christian Parisot. Éditions Vince pour le Musée juif hongrois, « Léon Weissberg », p. 83–84 et 158. Budapest, .
- Musée du Montparnasse. Paris-Marseille, de la Cannebière à Montparnasse. Catalogue avec textes de Sylvie Buisson, Lydie Salvayre, contributions de Lydie Lachenal.
- « De Montparnasse à Saint-Paul-de-Vence avec le peintre Léon Weissberg » et « Weissberg » p. 38, 39, 58, 66, 67, 125 et 135. Paris, .
- Musée de Séville et de Cordoue, De Paris à la Costa Azul, El Triunfo del Color. Catalogues avec textes de Miguel Castilleja, Gorraiz, Giancarlo d'Onofrio, Lydie Salvayre, Sylvie Buisson, Pierre Dumont et al., « Léon Weissberg » p. 50–53, 148-149, 194. Éd. Cajasur, Espagne, .
- De Paris al Mediterranni, El Trionf del Color, catalogue trilingue de l'exposition du musée Diocesà à Barcelone. Textes de Josep Maria Marti Bonet, Giancarlo d'Onofrio, Lydie Salvayre, Sylvie Buisson, Pierre Dumon, Lydie Lachenal, « Léon Weissberg » p. 50–53, 148-149, 185, 206-207, 205-251, 277. Éditions O.S Barcelone, , Espagne.
- De Paris a la Costa Azul, El Triunfo del Color, catalogue culturel de l'exposition Craixanova, textes de Guillermo Alonzo Jaudenes, Giancarlo d'Onofrio, Lydie Salvayre, Sylvie Buisson, Pierre Dumon, Lydie Lachenal, éd. Craixanova, « Léon Weissberg », p. 52, 129, 132-135, 158, Vigo, Espagne, octobre, 2004.
- Musée du Montparnasse, Artistes d'Europe, Montparnasse déporté, catalogue de l'exposition. Avant-propos de Simone Veil, de Claude Lanzmann et de Jean Digne, textes de Sylvie Buisson, Dominique Jarrassé, Lydie Lachenal, Nadine Nieszawer et al., « Léon Weissberg » p. 107, 108 et 160-165 (voir l'Erratum pour les p. 15 et 79), Paris, .
- Montparnasse déporté- Artisti Europei da Parigi ai Lager, catalogue de l'expostion du Museo diffuso della Resistenza, della Deportazione, della Guerra, dei Drittie della Libertà. Textes de Paolo Levi, Gianni Oliva, Ersilia Alessandrone Perona, Sylvie Buisson, Dominique Jarrassé, éd. Elede, « Léon Weissberg » p. 132–135. Turin, Italie 2007.
- Société Historique et Littéraire Polonaise, « Exposition anniversaire Léon Weissberg (1895-1943) », textes de Pierre C.Zaleski, Anna Czarnocka Lydie Lachenal, Sigmund Menkès, Philippe Soupault, Lydia Harambourg, Christophe Zagrodzki. Bibliothèque polonaise de Paris, Paris 2015.

