Edith Lettich
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Faculté de médecine de Tours (d) |
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Edith Lettich, née Edith Esther Agatstein le à Vatra Dornei (Roumanie) et morte en déportation le à Auschwitz, est une étudiante en médecine française d'origine roumaine, victime de la Shoah.
Parcours et études
Edith Agatstein est la fille de Hermann Agatstein, commerçant, et de Manzie Amalia Langhaus. Elle naît le à Vatra Dornei, puis s'installe durant son enfance à Cernauti[1]. En octobre 1932, à l'âge de 18 ans, elle arrive en France pour entreprendre des études à l'École de médecine et de pharmacie de Tours[2]. Elle y épouse, le , André (Abraham[3]) Lettich, né le à Gura Humorului[3], également étudiant en médecine et ressortissant roumain[2]. Le couple a un fils, Jean (Victor), né le , à Czernowitz[2],[3].
Sous l'Occupation : persécutions et arrestation
Dès octobre 1940, dans le cadre des mesures antisémites, Edith Lettich est contrainte de se faire recenser en tant que « Juive étrangère » en préfecture, son identité étant marquée du tampon « JUIVE » en rouge[2].
Le , elle est arrêtée à Tours par la Gestapo, accompagnée de deux gendarmes français, avec son mari et leur fils âgé de cinq ans[1],[2]. Leur dernière adresse est au 112 rue Origet à Tours[3]. La famille est internée à l'École Normale de jeunes filles de Saint-Symphorien, avant qu'Edith Lettich ne soit transférée au camp de La Lande, à Monts[2]. Durant son internement, elle exerce en tant que médecin pour seconder le praticien du camp, soignant les femmes et les enfants internés[2].
Le , elle est transférée avec son mari et leur fils au camp de Drancy. Elle est déportée avec son fils le par le convoi no 36 vers Auschwitz, où elle est assassinée deux jours plus tard[1],[2]. Son décès est officiellement reconnu par la mention « Mort en déportation » par arrêté ministériel[4]. Son mari, seul rescapé, témoignera de son odyssée dans sa thèse de doctorat en médecine intitulée 34 mois dans les camps de concentration[5],[6]. Il la dédie « À la mémoire de ma femme le Docteur Edith Lettich et de notre cher enfant de cinq ans et demi, assassinés dans les chambres à gaz de Birkenau Auschwitz le »[1].
Hommages
Edith Lettich est la seule femme à figurer sur le monument aux morts des « Déportés victimes de la barbarie nazie » de la Faculté de médecine de Tours, qui honore le souvenir des étudiants disparus[7]. En 2025, dans le cadre d'une politique de féminisation des noms de rues, la ville de Tours a également choisi d'honorer sa mémoire en donnant son nom à une voie publique[8].
Notes et références
- 1 2 3 4 Didier Simler, « PATRIMOINE - Edith Lettich, étudiante en médecine déportée en 1942 », sur PATRIMOINE (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Yves Abramovici, « « Médecins et étudiants juifs en médecine et pharmacie en Touraine face à la Shoah » », AREHSVAL (Association de Recherches et d’Études Historiques de la Shoah en Val de Loire), .
- 1 2 3 4 Voir, Klarsfeld, 2012.
- ↑ https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000001782207?fonds=JORF&page=3&pageSize=100&query=%22Mort+en+d%C3%A9portation%22&searchField=ALL&searchType=ALL&tab_selection=all&typePagination=DEFAULT
- ↑ https://www.ajpn.org/commune-tours-en-1939-1945-37261.html
- ↑ « André Lettich (auteur de 1942, Convoi no 8) - Babelio » [archive du ], sur www.babelio.com (consulté le ).
- ↑ Yves Abramovici, « Étudiantes en médecine et en pharmacie juives en Touraine face à la Shoah », Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine, no tome 37, , p. 107-125.
- ↑ « Tours : des noms de femmes pour des rues », sur lanouvellerepublique.fr, (consulté le ).
Bibliographie
- Serge Klarsfeld, Le Mémorial de la déportation des Juifs de France, Beate et Serge Klarsfeld : Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms. FFDJF (Fils et filles de déportés juifs de France), 2012.